Homélie – 6ème dimanche du Temps Ordinaire

Heureux dans notre vie chrétienne

Heureux ! c’est un mot qui résonne à travers tout ce que nous venons d’entendre. Le bonheur où est-il à chercher et comment le trouver ? Je ne donne que deux pistes plus une troisième. Le bonheur est de
choisir la parole de Dieu pour guider nos vies. Une parole qui nous demande d’être à l’écoute des pauvres ainsi que Dieu s’est fait pauvre. Mais un bonheur qui ne se réalisera pleinement que plus tard.
Le bonheur de choisir la parole de Dieu selon le psaume 1
J’aimerais commencer par le psaume, qui nous montre que le bonheur est de choisir la parole de Dieu pour guider nos vies. Psaume introductif du psautier, le psaume 1 est un psaume de sagesse qui présente
deux voies, dont celle prise par celui qui choisit Dieu. Il est centré sur la relation à Dieu, par l’écoute et la mise en pratique de sa Parole donnée aux hommes pour leur bonheur. Les rabbins disent : nombreux sont
les bienfaits de l’homme qui ne tombe pas dans l’enchaînement et la progression du mal. Cette voie est celle d’une fécondité qui ne passe pas. Jésus le dira : « heureux ceux qui entendent la parole de Dieu et
qui la gardent » (Luc 11,28) Lui qui est le chemin la vérité la vie « Jn 14,6). Le fait d’avoir deux chemins, c’est faire le choix, le pari de Dieu face à l’absurde, faire le choix de l’espérance aujourd’hui. Ceux qui ne
font pas ce choix : ils sont à plaindre. Ils font eux-mêmes leur malheur ne mettant pas leur pas dans ceux de Dieu. Sur ce chemin, il s’agit d’entrer dans un vrai discernement de ce qu’il faut faire. C’est ici qu’en
ce dimanche, nous sommes invités à soutenir les mouvements apostoliques. Chaque mouvement nous aide justement à accueillir la parole de Dieu dans nos vies, à la comprendre pour nous aider à agir.
Où le pauvre est déclaré heureux
Le bonheur est un choix de vie où le pauvre est déclaré heureux. Il nous faut toujours bien comprendre ceci pour deux raisons principales, parce qu’il nous faut les écouter comme choisis par Dieu, « quasi sacrements » de la rencontre de Dieu, comme l’a rappelé Jésus « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25, 40) Si les pauvres sont ainsi mis en
avant par Jésus, c’est parce qu’ils vivent dans leur chair ce qu’a vécu Jérémie, à savoir qu’aucune fausse sécurité ne peut les sauver. Et le Christ nous invite à comprendre que s’il s’identifie à eux, en ce sens le
royaume de Dieu est à eux. La seconde raison, c’est parce que Dieu en Jésus a fait ce choix. C’est Paul qui nous le rappelle, c’est le « don généreux de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui est riche, il s’est fait
pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté. » (2 Co 8, 9).
Mais ne nous trompons pas. Le Pape François nous rappelle dans sa présentation du Jubilé que nous ne pouvons pas nous habituer à ces personnes qui n’ont pas de logement, ni la nourriture, souffrant de l’exclusion et de l’indifférence. Les pauvres, presque toujours, je le cite, « sont des victimes, non des coupables. » (Spes non confundit, 15).
Comme un exemple de ce que j’essaie de partager avec vous, je laisse la parole à deux personnes du mouvement « chemin d’espoir », un mouvement qui est né à St Nazaire et qui offre la possibilité à des
personnes en galère qui ont connu ou connaissent l’abandon, la précarité, de se retrouver autour de la parole de Dieu et des psaumes. Il y aurait de nombreux témoignages, qui permettent de comprendre la
vérité de la parole de Jésus : « en équipe, nous cherchons pour nous et ceux qui nous entourent, des réponses à nos questions, un encouragement à garder ou à retrouver la foi et un espoir que chacun peut
vivre heureux sur terre avec le soutien de Jésus qui nous guide. » (Chemin d’espoir, chemin d’église, p. 7) et encore un homme qui m’a permis de le citer, après une période de chômage, de solitude, d’alcool a rejoint ce mouvement : « si la vie aujourd’hui est très difficile, si beaucoup de choses dans la société nous éloignent de Dieu, il nous reste une grâce de lui, une lumière de l’Esprit-Saint pour ne pas tomber dans le désespoir, pour continuer notre route avec Jésus en se faisant proche de nos frères les plus dans la peine, les plus dans le désarroi » (Alain, id. p. 30) Ces témoignages résument tout.
Heureux maintenant et l’heure de notre mort
Mais il nous faut accepter d’aller un peu plus loin. C’est ici que Ste Bernadette nous précède. Elle qui n’a pas voulu profiter de la notoriété des apparitions, savait au contraire par Marie, dès la troisième apparition
le 18 février 1858, il y a 167 ans : « je ne vous promets pas de vous rendre heureuse dans ce monde, mais dans l’autre ». Car, et c’est ce que nous rappelle Paul, si nous mettons notre espoir dans le Christ pour
cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre. Il nous faut nous mettre sur le chemin de ce bonheur de la confiance en Dieu ‘maintenant et à l’heure de notre mort ». Ste Bernadette écrivait : « Je n’étais rien, et de ce rien, Jésus en a fait quelque chose. Je dois donc vivre de Jésus, et comme fin, celle de Jésus lui- même » (Carnet, p. 19)

Pour prolonger notre méditation, je vous propose une prière à partir du psaume (Psautier œcuménique, texte liturgique) :
Dieu qui aimes les hommes, tu veux qu’ils soient heureux !
Donne-leur d’aimer ta loi d’amour : qu’ils se plaisent à suivre le Christ, le seul chemin qui ne se perde pas ;
Qu’ils portent en lui un fruit qui demeure ; qu’ils se tiennent près de lui ou jour du Jugement.

+ Michel Leroy, curé

Jér 17,5-8
Ps 1 16/02/25
1 CO 15, 12.
Lc 6, 17.20-26